Lilly
au Pays des Psys

La première fois quil ma fallut consulter un psychiatre, cétait un petit bonhomme chauve qui boitait. Ne connaissant rien à la profession, jentrai dans son Cabinet les mains dans le fond des poches en faisant des nuds avec mes doigts ..
Ne rien ny connaître est une chose, mais il me parût tout de même bizarre quau bout de quelques instants ce charmant monsieur ronflait, la tête balancée en arrière, la bouche légèrement ouverte. Je me suis donc arrêtée de parler afin de laisser ce brave homme se reposer. Cependant, je devais avoir une voix mélodieuse puisque mon abstinence de paroles le fit sursauter. Il me dit : » vous disiez ? »
je lui répondis ; »Rien, je vous écoutais dormir ! ».
Cest ainsi que commença mon parcours. Javais alors dix huit ans.
Cétait le premier dune longue liste.
Jai par la suite connu les pressés, les dispersés aussi qui ne se rappellent jamais de notre nom et surtout pourquoi on est là extraordinaire !- Ben, oui, des fois quon serait venu prendre le thé
.
Il y a aussi les mous, les endormis, les bourrés de tics qui sexpriment uniquement et inlassablement sous forme de syllabes : » hum, hum, moui moui
.. ». Et puis, il y a laudacieux, celui qui prétend pouvoir remuer ciel et terre, qui va changer votre vie (très dangereux celui-là, car on sy attache comme de la glue !) au final, il est comme les autres, seulement il fait beaucoup de vent, ça donne le change, lillusion aussi mais, ça ne change pas les choses
Jai rencontré aussi des psys bourrés de problèmes psys ( si si ça existe ! ), plus mal que leur patient parfois. Tenez, jai eu un psy qui était complètement alcoolique et de surcroît édenté, et bien un jour il ma reçu dans son Cabinet littéralement déchiré ! Il a faillit me vomir sur les chaussures, heureusement pour moi, javais pris la fuite me doutant que la séance allait tourner au vinaigre. Cest pathétique !
Quant aux compétences
.. Vaste sujet. Je dirai simplement quelles étaient en accord avec les personnages sus-cités donc nulles.
Un jour cependant, durant une hospitalisation, jai rencontré la crème des psys. Un jeune type qui connaissait super bien son boulot et surtout qui le prenait à cur, qui sinvestissait. Il sest très bien occupé de moi durant mon séjour.
Jaurai voulu quil reste mon psychiatre et entamer une vraie thérapie avec lui mais il avait choisit de sorienter vers la psychiatrie pour enfant.
Jai bien essayé de retrouver sa trace, en vain.
Tout cela me pousse à dire que tout espoir nest pas perdu puisque apparemment ils ne sont pas tous tordus
..
Lilly

